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LA QUETE
DE LA VALEUR
NOVEMBRE 1996
Félix BOGLIOLO
La création de valeur
n'est pas une mode passagère. Elle est l'essence même de
l'entreprise. La Mentalité requise pour y arriver s'obtient en
Mesurant correctement sa performance économique, en 'Manageant'
selon ce critère et en Motivant en ce sens le personnel et les
dirigeants.
Le débat sur le 'gouvernement d'entreprise' (corporate governance)
occupe le devant de la scène en France depuis plusieurs mois.
Cependant, il est à notre avis mal orienté.
En effet, il s'est axé beaucoup trop sur des aspects administratifs
ou juridiques : rôle du conseil d'administration, droits des minoritaires,
comité d'audit, etc..
Or, c'est, à notre sens, confondre la fin et les moyens. Tous ces
aspects, quelle que soit leur importance, et nous convenons qu'elle est
grande, ne sont que des 'moyens'.
La 'fin' de l'entreprise est ailleurs. Elle est nécessairement
d'ordre économique puisque l'entreprise est un être économique.
LA VALEUR : POURQUOI ?
En effet, qu'est-ce qu'une entreprise ?
Des investisseurs ont confié leur épargne en gestion à
des dirigeants afin que ces derniers l'investissent dans des projets offrant
des perspectives intéressantes pour les premiers. Ce n'est qu'à
cette condition que les premiers ont accepté de courir le risque
de se désaisir de leur épargne. Voilà la vraie nature
économique d'une entreprise !
Cette définition d'une entreprise expose clairement la relation
de mandat existant entre des mandants-investisseurs et des mandataires-dirigeants.
L'objet du mandat est la gestion par ces derniers de l'épargne
des premiers. Le but du mandat est de faire fructifier la dite épargne.
Rendre des comptes revient donc pour les dirigeants à expliquer
quelle a été la création de richesse qu'ils ont ajoutée
aux capitaux qui leur ont été confiés en gestion
par les investisseurs. Contrôler 'leurs' dirigeants revient donc
pour les investisseurs à mesurer cette création de richesse.
La finalité essentielle de l'entreprise est donc bien la création
de richesse.
D'aucuns affirment que cette finalité, pour importante qu'elle
soit, n'est pas la seule. Selon les tenants de cette 'autre vision de
la firme', l'entreprise, une fois constituée, en tant que personnalité
morale indépendante de ses actionnaires, aurait à considérer,
aussi et peut-être même avant tout, d'autres parties prenantes
: clients, fournisseurs, personnel, société en général,
...
Il ne rentre pas dans notre philosophie de mépriser ces autres
parties. Cependant, nous sommes de l'opinion que la satisfaction réelle
et à long terme de ces autres parties passe, avant tout autre considération,
par la performance économique de l'entreprise.
En effet, quel type d'entreprise offrira le plus de satisfaction à
ses clients : celle qui sera toujours là pour assurer son service
après-vente ou celle qui aura disparu entre-temps ? Quel type d'entreprise
aura tendance à réduire ses dépenses de recherche
et développement, synonymes de nouveaux produits ou de produits
meilleurs et moins chers : une entreprise en bonne santé ou bien
une entreprise en difficulté ?
Avec quel type d'entreprise un fournisseur arrivera-t-il à développer
un partenariat satisfaisant : avec une entreprise non rentable ou bien
avec une entreprise performante ?
Dans quel type d'entreprise trouvera-t-on les plus graves problèmes
d'hygiène et de sécurité : dans une entreprise créatrice
de richesse ou bien dans une entreprise destructrice de richesse ? Dans
quel type d'entreprise, le personnel prendra-t-il le plus de plaisir à
travailler : dans une entreprise in malis ou bien dans une entreprise
saine ?
Quel type d'entreprise sera le plus respectueux de l'environnement ou
d'une certaine éthique professionnelle : une entreprise en perte
ou une entreprise profitable ?
Au niveau macroéconomique, les études menées dans
différents pays tendent d'ailleurs à montrer qu'il existe
une corrélation très forte entre le niveau d'emploi d'un
pays et la création de richesse des entreprises de ce pays. Plus
les entreprises sont performantes et moins il y a de chômage : résultat
contraire à la croyance populaire !
Cette énumération devrait suffire au lecteur pour comprendre
que, bien évidemment, le manque de respect pour les investisseurs
va de pair avec un manque de respect pour les clients, les fournisseurs,
le personnel ou la société. Réciproquement, l'intérêt
bien compris des investisseurs impose que leur respect s'accompagne aussi
du respect des clients, des fournisseurs, du personnel et de la société.
Signalons en passant le manque de respect des actionnaires que constituent
des mesures anti-OPA en tant que restriction à leur droit de propriété
et à leur droit de vote.
La création de richesse est donc non seulement la finalité
essentielle de l'entreprise pour satisfaire ses investisseurs, mais elle
est aussi la seule manière de satisfaire les autres parties prenantes
de l'entreprise : clients, fournisseurs, personnel, société
en général.
La quête de la valeur, ou comment créer de la richesse, est
donc une méthode idéale à la disposition des dirigeants
d'une entreprise pour apporter de l'intérieur de l'entreprise qu'ils
gèrent une réponse au problème du 'gouvernement d'entreprise'.
Cela rendra inutile l'apport d'une réponse plus traumatisante de
l'extérieur : conseil d'administration ou assemblée des
actionnaires.
De ce point de vue, de toutes les mesures anti-OPA possibles, la seule
véritablement et durablement efficace est la création de
richesse. Pourquoi changer une équipe qui gagne ?
La quête de la valeur dirige la Mentalité d'une entreprise
vers la création de richesse.
La quête de la valeur utilise le profit économique pour Mesurer
cette création de richesse.
La quête de la valeur est un outil de Management pour et par la
création de richesse.
La quête de la valeur est un outil de Motivation des dirigeants
et du personnel.
Ces quatre 'M' seront détaillés l'un après l'autre
dans les lignes qui suivent.
1 - MENTALITE AXEE VERS LA VALEUR
L'objectif de la quête de la valeur est bien d'instituer dans l'entreprise
un changement de Mentalité : les dirigeants et les employés
doivent penser, agir et être rémunérés comme
les propriétaires de l'entreprise qu'ils gèrent. Apparaît
ainsi une nouvelle culture qui est très appropriée pour
notre époque de changement et de décentralisation.
Cette Mentalité nouvelle est axée sur la performance économique.
L'objectif de performance économique devient la finalité
essentielle de l'entreprise. Les autres objectifs que peut poursuivre
l'entreprise ne sont que des moyens pour parvenir à cette fin.
Cette Mentalité crée une convergence d'intérêts
entre les dirigeants et le personnel (le facteur de production Travail)
d'une part et les investisseurs (le facteur de production Capital) d'autre
part. Les éventuels conflits d'intérêts, inhérents
à toute situation de mandat, entre les mandants et les mandataires,
sont ainsi gommés.
Grâce à l'aspect Mesure de la quête de la valeur, les
dirigeants et le personnel pensent comme les investisseurs.
Grâce à l'aspect Management de la quête de la valeur,
les dirigeants et le personnel agissent comme les investisseurs agiraient
s'ils n'avaient pas délégué la gestion de leur entreprise.
Grâce à l'aspect Motivation de la quête de la valeur,
les dirigeants et le personnel sont rémunérés comme
les investisseurs.
La Mentalité créée par l'implantation de la quête
de la valeur dans une entreprise tend ainsi à instaurer chez les
dirigeants et le personnel un comportement de propriétaire vis-à-vis
de l'entreprise qu'ils gèrent (par opposition à une mentalité
de locataires).
Cette Mentalité crée aussi une convergence d'intérêts
entre les différentes sous-divisions de l'entreprise. Les traditionnelles
rivalités internes ou conflits politiques de couloir, qui sont
le lot commun de toute entreprise, ont tendance à s'effacer devant
la prééminence de l'objectif commun.
Comme l'implantation de la quête de la valeur peut se faire de manière
aussi décentralisée que le souhaite la Direction Générale
de l'entreprise, la quête de la valeur accompagne idéalement
toute démarche décentralisatrice. Elle tend même à
la renforcer en toute sécurité puisque la communauté
d'intérêts créée au niveau stratégique
grâce au volet Motivation, assure la pertinence des tactiques mises
en uvre localement.
En centrant la réflexion des dirigeants et du personnel sur la
fin plutôt que sur les moyens, la quête de la valeur permet
une plus grande réactivité des opérationnels au contact
avec les clients et les marchés. Dans un monde changeant et qui
connaît une compétition accrue, cette caractéristique
de la quête de la valeur est de nature à améliorer
la compétitivité des entreprises l'utilisant.
La quête de la valeur tend donc à faire évoluer la
pratique traditionnelle de l'entreprise de : 'objectifs flous, contrôles
stricts' vers : 'objectif clair, contrôle flexible'.
2
- MESURE DE LA VALEUR
Pour atteindre cette Mentalité axée sur la création
de richesse, il convient en premier lieu de définir précisément
une Mesure de la performance économique de l'entreprise.
Pour cela, on commence par mesurer l'épargne des investisseurs
confiée en gestion aux dirigeants pour financer l'entreprise :
actions plus créances. Il s'agit, vu du Passif, de l'Actif Economique.
Il s'agit, à l'Actif, des immobilisations plus le besoin en fonds
de roulement.
Dans ce processus, on se base sur les chiffres issus du bilan de l'entreprise.
On leur apporte cependant toute une série de retraitements pour
assurer une lecture plus économique, c'est-à-dire plus proche
des préoccupations des investisseurs. Ces retraitements sont de
trois types :
- passage de la notion de charge à la notion de débours
monétaire : ex. provisions ou survaleurs,
- passage d'une perspective de facto de liquidation de l'entreprise à
une perspective réelle de continuité de l'entreprise : ex.
R&D,
- passage de successful efforts accounting à full cost accounting
: ex. charges de restructurations.
Cet Actif Economique a une
valeur de marché, indépendante de sa valeur 'comptable'
ainsi déterminée. La différence entre ces deux valeurs
constitue la création de richesse. La création de richesse
est la valeur supplémentaire apportée par les dirigeants-mandataires
aux fonds qui leur ont été confiés en gestion par
les investisseurs-mandants.
La valeur de marché de l'Actif Economique de l'entreprise est aisément
mesurable dans le cas d'une société cotée. Dans le
cas de sociétés non cotées, elle existe tout autant
: pour la connaître, il convient de se référer à
des évaluations d'experts ou de constater une transaction.
L'objectif que doivent donc poursuivre les dirigeants est bien de maximiser
la création de richesse ainsi mesurée. Cependant, si cet
objectif est ainsi facilement appréhendable et s'il est totalement
pertinent, la manière pratique pour l'atteindre n'est pas explicitée.
Afin de fournir un guide pratique aux dirigeants pour atteindre cet objectif,
il convient de mettre en évidence une mesure de performance'interne'
(c'est-à-dire dont tous les constituants sont sous le pouvoir des
dirigeants) et dont l'évolution influence directement la création
de richesse.
Cette mesure de performance, c'est le profit économique. En effet,
la création de richesse évalue la valeur présente
des profits économiques futurs estimés par le marché.
Le profit économique est donc la mesure de performance qui est
le plus corrélée à la création de richesse
(beaucoup plus que toutes les autres mesures de performance utilisées
comme les bénéfices par action).
Le profit économique est une estimation du véritable résultat
économique d'une entreprise après rémunération
de tous les facteurs de production, y compris la totalité des capitaux
utilisés. Cette mesure de performance peut être évaluée
de manière aussi fine que souhaitée : division, département,
produit, client, pays, etc..
Améliorer le profit économique revient à améliorer
la productivité globale de l'entreprise par rapport à tous
ses facteurs de production, en prenant en considération les inévitables
transferts entre les deux facteurs de production. Une amélioration
par rapport au seul facteur travail peut se faire au détriment
de la productivité totale si elle induit des apports trop importants
du facteur capital.
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3 - MANAGER POUR ET PAR
LA VALEUR
La quête de la valeur doit être un outil de Management tissé
dans les procédures de chaque entreprise : plan, budget et allocation
de ressources. Elle est alors employée au niveau de toute prise
de décision pour guider les dirigeants et le personnel vers la
maximisation de la performance.
Dans l'optique de la création de richesse, la seule règle
de Management est d'augmenter le profit économique, encore et toujours.
En effet, la valeur de l'entreprise aujourd'hui dépend de ses perspectives,
telles qu'elles sont conditionnées par le passé. Que cette
valeur indique une destruction ou une création de richesse, peu
importe. L'important est de créer de la richesse dorénavant.
Pour cela, le profit économique doit augmenter. Si il est négatif,
il doit devenir de moins en moins négatif. Si il est positif, il
doit devenir de plus en plus positif. C'est donc l'amélioration
du profit économique par rapport à son niveau actuel qui
importe plutôt que son niveau actuel dans l'absolu.
Une analyse en profit économique permet ainsi de distinguer aisément
entre trois types d'activités :
- les activités rentables, à profit économique positif,
géneratrices de création de richesse, où 1 F investi
vaut plus que 1 F, et qui contribuent à la bonne santé de
l'entreprise ;
- les activités à la rentabilité à peine suffisante,
à profit économique nul, donc non génératrices
de création de richesse, où 1 F investi vaut juste 1 F,
et qui contribuent seulement à grossir l'entreprise ;
- les activités non rentables, à profit économique
négatif, génératrices de destruction de richesse,
où 1 F investi vaut moins que 1 F, et qui contribuent à
la chute de l'entreprise.
Pour améliorer le profit
économique, trois stratégies sont donc possibles :
- améliorer la rentabilité des activités actuelles,
sans investissement supplémentaire,
- investir plus dans des activités rentables (en ce sens la quête
de la valeur est tout sauf malthusienne),
- désinvestir des activités non rentables et dont la rentabilité
ne peut pas être améliorée.
Après diffusion dans
l'entreprise par des actions appropriées de formation, la quête
de la valeur institue un langage unifié. Cette insertion dans la
culture de l'entreprise lui permet d'être utilisée pour :
- prendre toute décision, apprécier des stratégies
ou des projets, évaluer des acquisitions,
- établir des plans ou des budgets, fixer des objectifs, sous toute
périodicité (mois, trimestre, etc.),
- allouer des ressources entre différentes subdivisions de l'entreprise,
- contrôler les résultats à la fois des décisions
stratégiques et des décisions opérationnelles,
- communiquer tant en interne que vis-à-vis du monde extérieur
et notamment les investisseurs.
Des moteurs de la création
de richesse sont déterminés non seulement en termes monétaires
mais aussi le plus souvent en termes physiques, plus parlants pour les
opérationnels concernés. La croissance des ventes est étudiée
en termes de : produits, prix, qualité, R. & D., marketing
mix, ... L'efficacité opérationnelle est analysée
en termes de marge, process industriel, publicité, logistique,
externalisation, maintenance, cyclicalité, ... La charge d'utilisation
de l'Actif Economique, autrement dit la gestion des actifs, est décortiquée
en termes de capacité productive, de niveau des stocks, de recours
à des escomptes pour paiement anticipé ou au contraire à
des pénalités pour paiement différé pour les
clients ou les fournisseurs, ...
En exprimant tous les constituants du profit économique en pourcentage
des ventes, il apparaîtra souvent que la charge principale n'est
pas la rémunération du travail mais celle du capital. La
rationnalisation des actifs apparaîtra alors prioritaire par rapport
à la restructuration du personnel.
4 - MOTIVER POUR ET PAR LA VALEUR
Des rémunérations incitatives basées sur le profit
économique constituent un élément essentiel de la
Motivation des dirigeants et du personnel d'une entreprise. La méthodologie
de la quête de la valeur atteint alors seulement son potentiel complet
et l'entreprise en tire le maximum d'avantages en termes de 'Management'
efficace et de Mentalité entrepreneuriale. Cependant, cet aspect
est indépendant du reste de la méthodologie et peut s'implanter
séparément.
La plupart des systèmes de rémunération en vigueur
souffre de cinq inconvénients majeurs :
- part fixe trop importante par rapport à une part variable trop
faible,
- bonus fonction du niveau de réalisation d'objectifs budgétaires
négociés d'où une perte de temps en négociations
stériles car internes à l'entreprise,
- bonus borné à la baisse (une performance mauvaise n'est
pas évitée voire peut même être aggravée
car elle n'est pas pénalisée),
- bonus borné à la hausse (une performance supérieure
n'est pas recherchée car elle n'est pas rémunérée),
- les critères utilisés ne sont pas nécessairement
corrélés à la valeur.
Une rémunération
basée sur le profit économique pallie ces inconvénients
et présente cinq avantages :
- objectivité : le système se fonde sur une formule adaptée
à la culture de chaque entreprise ;
- simplicité : une formation adéquate de tous les bénéficiaires
assure leur compréhension ;
- substance : les montants atteints sont supérieurs au marché
pour être vraiment incitatifs ;
- justice : la rémunération de chacun est liée à
la performance économique sous sa responsabilité ;
- durée : la formule est calibrée avec attention au départ
pour traverser tout type de situation.
Les bonus exceptionnels sont
reportés afin de permettre l'imputation d'éventuels malus.
Pour cela, un système de compte 'bancaire fictif' peut être
utilisé. Les rémunérations versées les bonnes
années peuvent être perdues à cause de contre-performances
ultérieures. En conséquence, une sorte de cliquet se met
en place, la performance s'améliore et ne se détériore
plus : les phases négatives des cycles sont absorbées ;
seules les améliorations de performance susceptibles d'être
soutenues dans le temps sont réalisées. Les bons éléments
sont retenus par des 'menottes dorées'.
Des variantes permettent de prendre en considération des aspects
qualitatifs, de susciter la coopération entre des départements
situés à un même niveau de l'organisation, de constituer
des 'pools' de rémunération à répartir aux
bénéficiaires d'un département, de mettre en place
des systèmes de 'stock options' soit réellement soit sur
la base de succédanés d'actions, de simuler des LBO pour
profiter des avantages de ces structures sans souffrir de leurs inconvénients,
...
Un système basé sur le profit économique génère
des rémunérations plus incitatives et individualisées,
en rapprochant l'indicateur de performance utilisé de la responsabilité
des bénéficiaires. Par ailleurs, l'entreprise bénéficie
alors d'une régulation automatique de sa masse salariale par les
prix et a donc moins besoin de recourir à une régulation
par les quantités (licenciements).
Le profit économique intègre la juste rémunération
fixe des deux facteurs de production : le travail et le capital. Payer
des rémunérations variables sur sa base ne constitue donc
pas un coût. Il s'agit plutôt d'une répartition. La
quête de la valeur permet donc de revenir à la philosophie
d'origine de la participation des travailleurs aux fruits de l'expansion
de leur entreprise. La quête de la valeur autorise ainsi des avancées
sociales justifiées par la performance économique. Pour
cela, elle a aussi été adoptée par de nombreux services
publics : hôpitaux, postes, ...
5 - MISE EN PLACE DE LA QUETE DE LA VALEUR
L'expérience suggère fortement que les avantages tirés
de l'adoption de la quête de la valeur s'accroissent au fur et à
mesure de l'implantation successive des quatre 'M'. L'utilisation approfondie
de la quête de la valeur plutôt que son utilisation épisodique
est un des facteurs clés de succès quant à son adoption.
Il est donc toujours recommandé d'implanter les quatre 'M' à
terme. Cependant cette implantation peut se faire avec toute la progressivité
désirée : échelonnement et étalement des phases
liées à chaque 'M', application de ces phases à différents
niveaux hiérarchiques : Direction Générale, cadres
supérieurs, ensemble de l'encadrement, ensemble du personnel, ...
La personnalisation de la quête de la valeur pour l'appliquer à
chaque entreprise doit se faire en assurant son intégrité
découlant des enseignements de la théorie de la Finance.
L'accent est placé en permanence sur des simulations, études
de cas et interactions avec la Direction Générale de l'entreprise
et des subdivisions concernées. Une variété de médias
est employée pour communiquer la quête de la valeur aux cadres,
au personnel, au Conseil de l'entreprise et à la communauté
financière, pour les informer ou les former à son utilisation.
La durée d'une mission complète est généralement
inférieure à une année.
Des centaines d'entreprises représentant près d'un millier
d'applications différentes dans le monde peuvent témoigner
de la réalité des avantages de la quête de la valeur
et de la rapidité de leur obtention.
Les nombreuses entreprises ayant adopté la méthodologie
de la quête de la valeur ont vu leurs performances s'améliorer
de façon spectaculaire et cela s'est traduit par une sur-performance
de leur cours boursier très importante.
Ces entreprises sont très diverses :
- de toute taille (de plusieurs dizaines de millions de francs de chiffre
d'affaires à plusieurs dizaines de milliards),
- de tout pays et donc de toute culture (USA, Royaume-Uni, Allemagne,
Suède, Turquie, Afrique du Sud, Australie, Nouvelle Zélande,
Singapour, Mexique, Brésil, Colombie, etc.),
- de tout secteur (agro-alimentaire, informatique-télécommunications,
bois-papier, pétrole-chimie-pharmacie, biens d'équipement,
biens de consommation, distribution, services, banque, assurance, etc.).
De tous les avantages qu'apporte
la quête de la valeur aux entreprises qui l'adoptent, le plus important
est celui de leur permettre un accès aux marchés des capitaux
meilleur tant en termes de quantité qu'en termes de prix.
En effet de nombreux institutionnels favorisent dans leurs investissements
les entreprises ayant adopté la quête de la valeur ou sélectionnent
leurs investissements sur sa base. De plus la quête de la valeur
améliore la qualité du dialogue entre une entreprise et
les analystes influents. De nombreux bureaux d'analyse financière
dans le monde entier appliquent cette méthodologie pour émettre
leurs recommandations.
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