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SHAREHOLDERS VS. STAKEHOLDERS
Félix BOGLIOLO
La Création de Valeur est assimilée à une appropriation indue par les zélotes de la vision dite pluraliste des 'stakeholders' (les tenants de l'entreprise autres que les investisseurs 'shareholders' dont la thèse est qualifiée de moniste). Cette Création de Valeur devrait être annulée selon ces pluralistes par une répartition entre ces autres tenants de l'entreprise : les clients, les fournisseurs, les créanciers, les employés et la Société dans l'acception la plus large du terme.
Tout d'abord, constatons que par rapport à la vision comptable de l'entreprise, cette vision pluraliste constitue un progrès notable puisqu'elle se situe bien dans une optique économique. Dans la vision comptable, tout résultat comptable positif serait bon. Passons sur les distorsions apportées par cette vision à la véritable économie de l'entreprise et qui ont fait l'objet de nos chroniques " Retraiter la comptabilité pour créer de la valeur " des 9 et 30 septembre 1998. Il est clair qu'un résultat positif peut ne pas constituer une rémunération suffisante des actionnaires. Ceux-ci sont en effet en droit d'exiger une rémunération au Coût du capital qui est égal au taux sans risque plus une prime de risque spécifique à l'entreprise considérée.
Dans la vision économique, le Profit Economique est calculé après ce Coût du capital. De très nombreuses entreprises montrent des résultats comptables positifs de milliards de francs. Rapportés à la masse de leurs Capitaux Investis, ces soit disant énormes résultats comptables positifs donnent des Rendements des Capitaux Investis d'environ 3-4 %, soit inférieurs au taux sans risque actuel d'environ 5 %. On peut donc affirmer sans aucune crainte de se tromper que ces entreprises sont en fait en perte économique : leurs actionnaires ne sont pas correctement rémunérés.
La vision économique, à laquelle adhérent donc les pluralistes comme les monistes, définit la taille du gâteau : le Profit Economique. Il ne reste " plus qu'à " se mettre d'accord sur les destinataires de la répartition de ce 'gâteau' et les proportions de cette répartition. Notons que les pluralistes sont muets sur ce sujet des proportions.
J'omettrai volontairement le cas de la Société faute de place dans cette chronique et compte tenu de la complexité de débats tels que le mécénat d'entreprise ou le prix de la pollution, ... Par ailleurs, j'ai déjà amplement traité le cas des employés et de leur rémunération dans le cadre d'une Gestion par la Valeur : Cf. notamment ma chronique " Rémunérations : quantité ou qualité ? " du 29-04-98 : j'ai pu ainsi affirmer haut et fort qu'une forte Participation des dirigeants et employés à la Création de Valeur qu'ils génèrent est indispensable et j'ai proposé des systèmes permettant d'effectuer en leur faveur la répartition du Profit Economique qui s'impose. Il ne me reste plus qu'à traiter ici le cas des trois premières catégories de stakeholders.
En vendant à ses clients 10 unités de son produit à 100 F l'unité, telle entreprise génère un Profit Economique de 10 F. Les pluralistes soutiennent qu'il faudrait que cette entreprise ne vende son produit qu'à 99 F l'unité, transférant ainsi sa Création de Valeur à ses clients. Je me situe bien évidemment dans un contexte de pleine concurrence et liberté (c'est-à-dire que j'exclue les cas de monopole de droit ou de fait ainsi que les cas d'abus de position dominante que les autorités de contrôle de tout pays sont chargées de régler). Dans un tel contexte, le prix de 100 F l'unité a été pleinement négocié entre les parties. D'un côté, les clients ont étudié le rapport qualité - prix des offres de tous les fournisseurs en présence sur le marché et satisfaisant leur besoin fonctionnel : ils sont satisfaits de ce rapport puisqu'ils sont prêts à acheter à ce prix. De l'autre côté, l'entreprise en question est consciente de l'intérêt que représentent pour elle la fidélisation de ses clients ainsi que la non émergence de fournisseurs concurrents ou de produits de substitution.
N'oublions pas, en effet, que la révolution copernicienne en matière d'évaluation d'entreprise est déjà vieille de plusieurs lustres : la valeur d'une entreprise est déterminée par la valeur présente de ses Flux de Trésorerie Disponibles ou Free Cash Flows (ce qui est strictement équivalent à l'actualisation de ses Profits Economiques). La vision économique de l'entreprise a donc réglé le débat court terme vs. long terme depuis longtemps déjà. En économie, un surcroît de Profit Economique d'aujourd'hui acquis au prix de baisses de Profit Economique futurs n'est pas apprécié par les marchés contrairement à la croyance populaire. Les exemples contraires abondent où une entreprise acquière de gros Profits Economiques futurs au prix de pertes économiques aujourd'hui et génère ainsi une très forte valorisation (il n'est que de citer les entreprises de nouvelles technologies).
Je ne conseillerais donc à aucun vendeur d'adopter le genre d'attitude que suggère la vision pluraliste : " vous savez, cher client, à ce prix là je gagne trop ; bien que nous soyons déjà d'accord sur le prix de 100 F l'unité, je vous fais cadeau d'1 F ". Il y a encore près de trois millions de chômeurs en France : il ne faudrait pas que ce nombre augmente démesurément.
Ce que je viens d'écrire à propos d'une entreprise, ses vendeurs et ses clients s'applique, mutatis mutandis, au cas d'une entreprise, ses acheteurs et ses fournisseurs ainsi qu'au cas d'une entreprise, son directeur financier et ses créanciers (qui après tout ne constituent qu'un type particulier de fournisseur d'une matière première de l'entreprise - le Capital - au même titre qu'une autre). Dans le contexte de liberté et concurrence où je me situe, il n'y a pas plus de raison que la Création de Valeur soit répartie en faveur des clients qu'il n'y a de raison pour qu'elle soit répartie en faveur des fournisseurs ou des créanciers.
La Création de Valeur, après Participation des dirigeants et employés, ne constitue pas une appropriation indue par les investisseurs.

 


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