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Des entreprises créant de la valeur constituent la pire des solutions à l'exception de toutes autres

Dans une de ses chronique récentes (Les Echos 17-18/09/99 : le voile se déchire sur la création de valeur), Paul Fabra se livre à une attaque en règle d'un thème qui m'est trop présent pour que je n'utilise pas ma propre chronique pour lui répondre.
Ah ! Que les managers peu performants aimeraient avoir des M. Fabra comme actionnaires ! En effet, d'après lui, le profit serait tellement aléatoire par essence même, qu'il devrait être l'exception plutôt que la règle. Le Capital action n'aurait pas de coût associé et donc les actionnaires ne seraient que des usuriers exigeant des rendements exubérants. Et les pauvres salariés seraient les victimes innocentes à la fois de cet entêtement condamnable des actionnaires et d'un complot machiavélique ourdi par M. Jospin emboîtant en cela les pas de ses deux prédécesseurs de droite.
Et bien non ! La réalité économique est beaucoup plus complexe que ne veut bien nous le laisser accroire M. Fabra. Mes désaccords avec lui sont trop nombreux pour que je les traite tous. J'en sélectionnerai seulement quelques-uns. En particulier, je n'aborderai pas l'atteinte au droit de propriété sous-jacente à ses propos, quelle qu'en soit son importance.
1. M. Fabra s'interroge sur le bien-fondé du recours accru des entreprises à l'endettement et donc au rachat de leurs propres actions. Pourtant grâce à la déductibilité fiscale des intérêts, sorte de subvention à l'endettement offerte par la collectivité nationale, la dette est bien moins chère que les actions. Cf. notamment mes chroniques de l'Agefi des 6, 13 et 20 janvier 1999. Seul remède à l' '' affaiblissement des structures financières '' correspondant : traiter d'un point de vue fiscal les actionnaires et les créanciers sur un pied d'égalité, soit en fixant le taux de l'impôt des sociétés à zéro soit en n'autorisant plus la déductibilité fiscale des intérêts !
2. Le résultat comptablo-fiscal, pour des raisons inexplicables, ne prend en compte que le coût de la dette et non celui des actions. Une entreprise dont le résultat traditionnel est symboliquement positif doit être considérée en perte économique si elle ne rapporte pas son coût du capital : Cf. la quasi totalité de mes chroniques de l'Agefi depuis plus de 18 mois. Comment éviter que les investisseurs attendent un rendement de leur investissement : supprimer les investisseurs par l'appropriation collective de l'ensemble de l'outil productif !
3. Quant '' aux dysfonctionnements qui affecte(rai)ent les marchés financiers depuis deux décennies '', ils n'existent qu'aux yeux de M. Fabra. Les niveaux généraux des taux d'intérêt, soit le prix de l'argent, ont été sur cette période globalement orientés à la baisse : globalement, il y aurait plus d'épargne disponible que de projets intéressants.

 

.Les Bourses ont été sur la période globalement orientées à la hausse, en dépit d'accidents de parcours qui apparaissent avec du recul comme des épiphénomènes, quoi qu'en aient les chroniqueurs. Le nombre d'entreprises accédant aux marchés financiers a augmenté considérablement, et ce dans des domaines aussi divers que le tunnel sous la Manche pour le malheur de ses investisseurs mal diversifiés ou l'internet ainsi que les biotechnologies pour le bonheur d'autres investisseurs plus avisés (mais n'est-ce pas la loi du genre qui veut qu'il n'y ait pas de profit sans risque ?). Le nombre d'épargnants accédant à ces mêmes marchés financiers s'est globalement accru ou tout du moins s'est maintenu dans notre pays en dépit du matraquage fiscal dont ils sont l'objet.
Les apparences de dysfonctionnements évoquées ne sont que le reflet des énormes mutations que connaissent les économies de notre planète et de la schizophrénie qu'elles entraînent chez leurs gouvernants et certaines parties de leurs populations. A peu près tous les pays se sont engagés dans la voie de la libre circulation des idées, des personnes, des marchandises et des capitaux depuis plusieurs décennies. Cette voie '' ne tient debout que si on en pousse jusqu'au bout la logique ''. Car il n'existe pas de voie médiane entre une économie à la cubaine (à l'époque des '' visiteurs du soir '', qui sait si elle n'aurait pas eu ma préférence ?) et une économie ouverte (maintenant qu'on nous l'a imposée, allons-y). Si un investisseur français peut, directement ou via une holding de La Défense, investir son épargne en Thaïlande, il le fera si la rentabilité de cet investissement est meilleure là-bas qu'en Auvergne et de ce fait il embauchera un Thaïlandais plutôt qu'un Auvergnat. Si un consommateur français peut, directement ou via une centrale d'achat de St Etienne, importer un produit marocain, il le fera dès que le prix de ce produit rendu chez lui est inférieur à celui du produit normand de qualité équivalente et de ce fait il augmentera le niveau de vie d'un ouvrier marocain aux dépens d'un ouvrier normand. Si un touriste français peut aller passer ses vacances sur la Costa del Sol, il le fera si le prix payé rapporté aux heures d'ensoleillement et autres éléments qualitatifs lui paraît plus intéressant que sur la Côte d'Azur pour le plus grand bénéfice de l'Etat, du patron et des serveurs espagnols et au détriment de leurs équivalents français. Etc. etc.. M. Fabra voudrait-il empêcher l'investissement français à l'étranger, l'importation en France de marchandises étrangères, le touriste français de se rendre en vacances à l'étranger, etc. ?
En l'occurrence, et pour régler les nombreux problèmes qui affectent notre économie : chômage, précarisation, retraites, etc., je suis de ceux qui pensent (paraphrasant l'aphorisme célèbre consacré à la démocratie) que des entreprises créant de la valeur, c'est-à-dire tout simplement en bonne santé, constitue la pire des solutions à l'exception de toutes les autres. Contre toute sorte de dictature, qu'elle soit du prolétariat ou des marchés, la démocratie, celle qui respecte autant les dirigeants et les employés en leur accordant des rémunérations variables élevées liées au Profit Economique (Cf. ma chronique précédente) que les actionnaires en leur reconnaissant leur juste rémunération au coût du capital

 

 

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