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JOURNALISTES ! ENCORE UN EFFORT EN DIRECTION DE LA CRÉATION DE VALEUR !
Félix BOGLIOLO

La lecture de la presse, ces temps derniers, ne peut que consterner les zélateurs de la Création de Valeur. Sur des pages et des pages, parfois même à la une de quotidiens non spécialisés en économie, il est fait mention, avec plus ou moins d'arrières pensées politiques, des " hénaurmes " progressions de performances des groupes français : croissance du chiffre d'affaires, augmentation des résultats opérationnels, progression de la marge opérationnelle, amélioration des bénéfices comptables, etc..
Nulle part, il est fait mention de l'augmentation des Capitaux Investis qui ont engendré ces progressions. Le cas caricatural est celui de TotalFinaElf : n'importe quel béotien pouvait s'attendre à une forte croissance de ses résultats. Quand la société X engendrant x Md € de bénéfice fusionne avec la société Y engendrant y Md € de bénéfice (avec y substantiellement égal à x), il est normal que la société XY résultat de la fusion dégage environ x+y Md € de bénéfice après la fusion, c'est-à-dire une progression substantiellement égale à 100 %. Est-ce pour autant a-normal ? Ne pas faire mention de cette évidence est soit attentatoire à l'intelligence du lecteur soit pervers !
Rappelons cette évidence, n'importe quel imbécile est capable d'engendrer z Md € de bénéfice : il lui suffit de mettre en œuvre 100*z Md € de Capitaux Investis et de leur faire dégager une rentabilité de seulement 1 %. Sera-ce une performance digne d'être mentionnée ? Oui mais comme extraordinairement calamiteuse !
Tel est pourtant le cas des groupes français. Leur performance, pour apparemment bonne qu'elle soit, n'est pas encore suffisante. Pour le plus grand mal de l'économie française ; en particulier des encore trop nombreux chômeurs qui continuent à ne pas trouver du travail et pour celui des rémunérations des encore pas assez nombreux travailleurs qui ne peuvent progresser autant que ceux-ci le revendiquent légitimement !
Pour contrer cette assertion, on invoque la part décroissante de la valeur ajoutée qui va au Travail. Certes, je ne conteste pas les statistiques. Mais la part croissante qui va au Capital, ne sert qu'à rémunérer des montants de Capitaux Investis en encore plus forte croissance. Même s'il essayait d'intégrer cet aspect des choses, l'analyste bien intentionné aurait quelque difficulté à le faire à une époque où l'investissement est essentiellement immatériel et donc très imparfaitement mesuré tant en comptabilité d'entreprise qu'en comptabilité nationale. Tant et si bien que la rémunération des Capitaux Investis progresse mais pas de manière démesurée : elle n'est pas substantiellement supérieure au coût de ces Capitaux Investis ; elle reste inférieure en France à ce qu'elle est dans d'autres pays développés. Aucune analyse de ce type !
Citer tel niveau de marge opérationnelle (un résultat d'exploitation défini d'une manière ou d'une autre rapporté au chiffre d'affaires) en poussant des cris d'orfraie est le signe d'une méconnaissance rare des mécanismes économiques. Deux remarques de base pour commencer :
- un tel niveau n'a de sens que dans une perspective historique ; non pas seulement par rapport à l'année précédente mais au minimum par rapport à un cycle économique complet dans le secteur considéré et mieux encore par rapport à la situation équivalente dans les cycles précédents (en période montante d'un cycle, même une forte progression peut être en retrait substantiel par rapport à la montée du cycle).
- un tel niveau n'a de sens que dans une perspective sectorielle ; que font dans une situation équivalente dans le cycle les principaux concurrents de l'entreprise ?


 

 

Surtout, de telles analyses de base ne tiennent pas compte du choix d'une entreprise d'organiser sa production de telle ou telle autre manière. Ces organisations différentes peuvent déboucher sur des intensités capitalistiques complètement différentes. Cf. notre chronique d'Octobre 2000. En effet, un même niveau de rendement des capitaux investis (rci = REMIC / CI) peut être atteint d'une infinité de manières par des combinaisons de productivité opérationnelle (REMIC / CA ou marge opérationnelle) et de productivité bilantielle (CA / CI ou intensité capitalistique). Si, pour améliorer sa productivité opérationnelle, telle entreprise investit et donc dégrade sa productivité bilantielle à un point tel que son rendement des capitaux investis décroît, sa productivité globale se sera détériorée. Son amélioration de marge opérationnelle constituera en fait une contre-performance notoire. Je ne lis jamais rien de tel.
Pourtant la recommandation de la COB sur la communication en matière de Création de Valeur est là pour inciter les entreprises et les journalistes à s'expliquer sur ces thèmes. Cf. notre chronique de Février 2001.
Je ne le répèterai jamais assez. Le seul indicateur complet de la performance d'une entreprise est le Profit Economique (PE = REMIC - cmc*CI ; le résultat opérationnel diminué de la charge des capitaux investis calculée au coût du capital). C'est le seul qui soit une mesure de la productivité globale de l'entreprise par rapport à l'ensemble de ses deux facteurs de production : le Capital et le Travail. Communiquer ou ratiociner sur cet indicateur n'est même pas suffisant si on n'explique pas en plus ce qui est fait de ce Profit Economique et comment on y fait participer les dirigeants et employés qui ont contribué à l'engendrer par leur intelligence et leur effort.
Tant que les entreprises ne communiqueront pas sur cet indicateur ou que les journalistes ne feront pas leurs commentaires des performances des entreprises sur la base de cet indicateur, le débat économique français sera biaisé. Mesdames, Messieurs les Journalistes, j'en appelle à votre sens civique, j'en appelle à votre devoir en tant qu'acteurs majeurs du débat économique de ce pays. Ne vous contentez pas des mesures traditionnelles de performance dont on connaît maintenant les trop fortes limitations ! Exigez que l'on vous commente les performances de l'entreprise en termes de Création de Valeur ! Et sinon rien !

 

EVAFINE
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