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POUR LA
COB ! HIP HIP HIP HOURRA !
Félix BOGLIOLO
Le récent projet de
la COB de recommandation relative à la communication sur la Création
de Valeur mérite les applaudissements enthousiastes des zélateurs
de cette cause. Puisse-t-il être définitivement approuvé
en l'état !
La COB agit ici avec célérité. La France découvrait
en 1995 la Création de Valeur notamment à travers les classements
selon ce critère sous ma plume. Aujourd'hui encore, les sociétés
ayant adopté partiellement cette méthode de gestion ne sont
pas légion et encore moins nombreuses celles l'ayant adopté
de manière profonde.
La COB note que " la publication de ces informations constitue un
progrès ". Quel soutien de la Création de Valeur de
la part d'une telle institution !
La COB précise qu'elle " n'entend pas normaliser " cette
notion. En effet, la Création de Valeur essaie de décrire
au plus près la réalité économique d'une entreprise
en s'adaptant à ses caractéristiques : secteur, taille,
ancienneté, saisonnalité, histoire, organisation, gestion,
culture,
Quelle norme pourrait embrasser une telle complexité
et une telle diversité ?
La COB distingue la Création de Valeur Externe de la Création
de Valeur Interne, le cours de Bourse des indicateurs de gestion interne.
Les seconds sont ceux sur lesquels les dirigeants et employés d'une
entreprise peuvent agir au quotidien pour influencer le premier, autant
que faire se peut. Certes le cours de Bourse dépend de nombreux
facteurs extérieurs à une entreprise : croissance, inflation,
niveau général des taux d'intérêt, impôts,
changes,
Toutefois, il dépend aussi ET SURTOUT de la performance
économique générée par l'entreprise, intrinsèquement
et en réaction à ces facteurs extérieurs.
La COB insiste sur la nécessité de mise en perspective historique
des mesures de la Création de Valeur. En effet, tous les éléments
constitutifs de ces mesures sont l'objet de choix spécifiques à
l'entreprise (voire arbitraires) : dans les domaines comptables et habituels
(reconnaissance des produits ou des charges, durées d'amortissement,
) ou bien dans les domaines économiques et novateurs (capitalisation
et amortissement de la R & D, coût du capital,
). La seule
manière d'éliminer cette faiblesse est de les considérer
en variation pluriannuelle à méthode de mesure stable.
La COB met en garde contre l'inanité d'une évolution qui
ne serait pas comparée à une référence. Exemple
: cours par rapport à un indice boursier (quid d'une progression
de 20 % si la Bourse a crû de 50 %) ou prise en compte du risque
de l'entreprise (CAC 40 et Second Marché) ou en tenant compte de
l'incorporation de réserves (au détachement du coupon le
cours baisse d'autant). Autre exemple : évolution d'un Profit Economique
(baisse du PE de 5% dans un cycle baissier du marché automobile
pour tel constructeur quand tous les autres chutent de 8%).
La COB invite les entreprises à communiquer la valeur de marché
de leurs dettes financières, introduisant ainsi la notion de valeur
globale de l'entreprise. La chute historique de la valeur boursière
des deux Euro, Disney et Tunnel, pour importante qu'elle ait été,
ne représentait qu'une fraction de leur destruction de valeur totale.
Leurs dettes financières ayant subi des restructurations importantes,
leur valeur de marché est substantiellement inférieure à
leur valeur comptable, réduisant encore plus leur valeur de marché
totale.
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La COB souligne la nécessaire rigueur que les entreprises doivent
adopter dans la mesure de leur indicateur de Création de Valeur
: homogénéité entre éléments bilantiels
et du compte de résultat, distinction entre éléments
opérationnels et hors exploitation, clarté dans les définitions,
continuité dans les méthodes, détail des calculs,
réconciliation avec les éléments comptables,
La COB invite les émetteurs à expliciter les hypothèses
faites pour le choix de tel paramètre en regard de la stratégie
ou de l'environnement de l'entreprise. Une mesure n'est pas bonne ou mauvaise
en soi ; elle est bonne ou mauvaise par rapport à l'objectif que
l'entreprise s'est fixé, par rapport à son mode de fonctionnement,
etc.. Pourquoi telle mesure est la meilleure pour juger de la pertinence
d'une décision stratégique ou opérationnelle et réciproquement
en quoi telle stratégie fait bien progresser la mesure qui a été
préalablement choisie, voilà deux questions essentielles
qui devront avoir dorénavant une réponse.
La COB stipule qu'une mesure de Création de Valeur doit correspondre
à la réalité de la gestion interne de l'entreprise
" pour fixer des objectifs ou contrôler ses performances ou
servir au calcul d'éléments de rémunération
des dirigeants et du personnel ". Beaucoup d'analystes sont souvent
surpris des hiatus qui peuvent exister entre la description que donne
d'elle-même une entreprise dans sa communication et sa réalité
intérieure telle qu'elle transparaît au cours d'entrevues
avec ses dirigeants.
La COB met l'accent sur la nécessité d'une décentralisation
des mesures de performance. Rares sont aujourd'hui les entreprises homogènes
: la majorité a plusieurs métiers, produits, marchés,
processus de fabrication, types de clientèle, etc.. Que de subventions
existent au sein des entreprises entre les unités créatrices
de valeur et les unités destructrices de valeur ! Cela ne contribue
qu'à la médiocre performance globale de l'ensemble.
La discipline qu'impose cette recommandation de la COB sera salutaire
pour les entreprises qui s'y conformeront. De fait, elle les conduit à
implanter complètement un Système de Gestion par la Valeur.
Leur Création de Valeur s'accroîtra et se pérennisera
!
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