|
Accueil
Revue
de presse
Conférence d'information
Le
GUIDE de la Création de valeur
Enregistrement
Calendrier
des formations
Les
livres de la
Création de Valeur
Logiciel
Financia pour la création de valeur
Téléchargement
Présentation
EVAFINE
Outil
de diagnostic
Nous
écrire
|
LES QUATRE
COUTS DU CAPITAL
Félix BOGLIOLO
Force est de
constater que le thème du 'gouvernement d'entreprise' (corporate
governance) est dans tous les esprits du monde des affaires français
depuis environ deux ans. Certains l'évacuent assez rapidement en
le cantonnant à ses aspects administratifs et juridiques : on parle
de rôle du conseil d'administration ou de protection des actionnaires
minoritaires ou encore de réforme de la loi des sociétés.
Nous voudrions situer le débat plus justement sur le terrain économique
et aborder de front la question de la performance des entreprises.
Ici encore, force est de constater que cette question est réglée
de façon théorique depuis plusieurs lustres dans le monde
académique grâce aux progrès réalisés
par la Finance moderne. Nous essaierons de donner une vue pratique de
ces théories académiques. Ce faisant, il s'en dégagera,
pour l'entreprise, une vision tout à la fois plus pertinente et
plus opérationnelle.
I. NECESSITE DE LA NOTION DE COUT DU CAPITAL
La Finance moderne définit le résultat économique
de l'entreprise (residual income - le cabinet américain Stern Stewart
a labellisé ce concept sous le nom Economic Value Added ou EVA®
). Ce résultat économique, à la différence
du résultat comptable, incorpore le salaire des deux facteurs de
production (Travail et Capital), y compris et complètement celui
du Capital. C'est-à-dire qu'il sort de la pseudo-différence
actions-créances (ou actionnaires-créanciers) pour s'intéresser
globalement à la totalité des capitaux investis et apportés
par le collectif des investisseurs. En effet une entreprise se définit
essentiellement par ses produits et ses marchés, c'est-à-dire
par son Actif Economique.
A différentes époques de sa vie ou en fonction des craintes
ou espoirs de ses dirigeants ou investisseurs, une même entreprise
pourra être financée par 100 % de fonds propres et 0 % de
dettes ou bien au contraire 0,01 % symbolique de fonds propres et 99,99
% de dettes, sans que cette décision purement administrative change
quoi que ce soit à l'exploitation de cette entreprise. De plus,
dans le cas de subdivisions de groupes, la structure financière
réelle d'une entreprise peut être polluée par des
considérations qui n'ont rien d'économique : réglementation
locale en particulier en matière de transfert de capitaux, fiscalité.
Dans ces cas, on aura plutôt intérêt à raisonner
sur une structure financière normative, éventuellement différente
de la structure réelle.
Par ailleurs la Finance moderne indique que tout investisseur a droit
à un "salaire". Ce salaire est explicité dans
le contrat qui régit le Capital-créance. Pour n'être
pas explicite, le salaire du Capital-action n'en existe pas moins. Les
marchés financiers le rappellent. Les investisseurs-actionnaires
le connaissent.
En termes académiques, le salaire du facteur de production Capital
s'appelle "Coût du capital".
Si une entreprise donnée gagne son Coût du capital, elle
accomplit l'objectif de son Capital. Celui-ci gagne son salaire. Le résultat
économique est à l'équilibre, 'l'EVA® est nulle'
dirait Stern Stewart.
Si une entreprise n'atteint pas cet objectif de rentabilité minimum,
et particulièrement si elle ne l'atteint pas de façon répétée,
son Capital en sera déçu. C'est normal car son espoir de
gain, insatisfait dans cette entreprise, aurait pu l'être dans une
autre. Il ira s'investir ailleurs et les capacités de croissance
de cette entreprise s'en trouveront bloquées. Il n'a même
pas gagné son salaire. Le résultat économique est
en perte, 'l'EVA® est négative' dirait Stern Stewart. C'est
pour cela que le salaire du Capital doit être élevé
car il n'est pas garanti.
Si une entreprise arrive à gagner plus que son Coût du capital
et notamment de façon répétée, son Capital
sera satisfait. Il apportera facilement plus de moyens à cette
entreprise qui pourra se développer d'autant plus vite. L'entreprise
est en profit économique, 'l'EVA® est positive' dirait Stern
Stewart. C'est cette possibilité qui incite à prendre le
risque d'un investissement. Le Capital peut alors bénéficier
d'une rémunération supérieure à son salaire.
RESULTAT
ECONOMIQUE OU EVA®
On pose les notations :
AE Actif Economique : Immobilisations + Besoin en Fonds de Roulement
FP Fonds Propres de l'entreprise
DF Dettes financières de l'entreprise.
On a aussi par l'égalité bilantielle : AE = FP + DF.
Notons par ailleurs
RAE Rendement de l'Actif Economique : ratio Résultat Opérationnel/Actif
Economique
MPC salaire du facteur de production Capital ou Coût du capital
(la raison d'une notation aussi compliquée apparaîtra ultérieurement).
On a alors très simplement :
EVA = (RAE - MPC) x AE = Résultat Opérationnel - MPC x AE,
c'est-à-dire que, de manière très intuitive, le résultat
économique est le surcroît de rentabilité dégagé
par l'Actif Economique au-delà du coût global des fonds ayant
servi à le financer, ou encore un profit déterminé
par déduction d'un loyer de l'Actif Economique au Résultat
Opérationnel (généré par le dit Actif Economique).
L'intérêt
de ce résultat économique ou EVA® est qu'il constitue
la mesure de performance la plus corrélée à la valeur
de l'entreprise. Des résultats économiques positifs engendrent
une valeur de l'entreprise supérieure au montant des capitaux apportés
pour financer l'Actif Economique (création de richesse). Des résultats
économiques nuls engendrent une valeur de l'entreprise égale
à son Actif Economique (simple transfert monétaire entre
la caisse des investisseurs et celle de l'entreprise). Des résultats
économiques négatifs engendrent une valeur de l'entreprise
inférieure à son Actif Economique (destruction de richesse).
En termes boursiers, on parlerait de surcote ou de décote par rapport
à un actif net comptable éventuellement réévalué
pour évoquer ces situations de création ou de destruction
de richesse. Les connaisseurs du ratio Tobin's Q parleraient de Q supérieur,
égal ou inférieur à 1. Stern Stewart parle de MVA
positive, nulle ou négative dans ses classements publiés
par L'EXPANSION (Cf. dernier paru le 9 octobre 1997). C'est donc l'EVA®
qui détermine la MVA.
Dans une optique de gestion de l'entreprise par la valeur ou 'value based
management', c'est-à-dire ayant l'objectif de maximiser la MVA,
les dirigeants doivent donc accroître leur EVA®. Or le Coût
du capital est un des constituants essentiels du résultat économique.
En effet, il jette sur la performance de l'entreprise une lumière
plus forte : son Résultat Opérationnel doit générer
un Rendement de l'Actif Economique supérieur à son Coût
du capital pour déboucher sur un profit économique ; un
Résultat Opérationnel donnant un profit comptable même
substantiel mais générant un Rendement de l'Actif Economique
inférieur à son Coût du capital est en fait une perte
économique.
Le Coût du capital a trois usages, tout aussi importants l'un que
l'autre :
- Mesure de la performance
: mesurer un résultat économique passé ou à
venir sur du Capital déjà investi et donc être en
mesure de juger si cette performance permet à chaque période
de payer au Capital son salaire ou non ; à ce titre, il influence
le Management de l'entreprise et peut donc constituer un des paramètres
d'un système de Motivation de ses dirigeants.
- Choix des investissements
: déterminer si la performance escomptée d'un nouvel investissement
de Capital est suffisante pour que celui-ci soit acceptable et donc
accepté ; à ce titre, il est une référence
interne essentielle pour les dirigeants de l'entreprise dans la détermination
de leur stratégie.
- Valorisation de l'entreprise
ou de ses projets : servir de taux d'actualisation pour ramener des
résultats économiques futurs à une valeur présente
et ainsi calculer la valeur de marché du Capital servant à
générer ces résultats ; à ce titre, il est
une référence externe fondamentale pour les investisseurs
dans l'entreprise, sur les marchés des capitaux tant primaire
que secondaire.
Nous ne nous attarderons pas
plus sur ces utilisations possibles du Coût du capital, car, à
elles seules, elles pourraient justifier un long article.
Cette longue introduction permet de bien comprendre l'importance cruciale
de ce concept de Coût du capital.
En effet, il est le lien entre le monde extérieur à l'entreprise,
celui de ses investisseurs, et le monde intérieur à l'entreprise,
celui de ses dirigeants. Il est le point-clé du contrat de gestion
sur l'épargne des investisseurs que ceux-ci ont confiée
aux dirigeants. C'est donc sur sa base que l'accomplissement ou non de
ce contrat pourra être apprécié. Il est donc l'essence
même du 'corporate governance'.
Il convient donc que les dirigeants-mandataires connaissent bien le Coût
du capital de leurs investisseurs-mandants s'ils veulent être en
mesure de respecter le mandat de gestion qui leur a été
confié et qu'ils ont accepté. Socrate fixait comme règle
de vie : <<Connais-toi toi-même !>>, à travers
le Corporate Governance, les investisseurs indiquent aux dirigeants cette
règle fondamentale de la gestion des entreprises : <<Connais
notre Coût du capital !>>. Crédit Suisse First Boston
le rappelle dans une étude récente : Value Based Management
in Europe-17 mars 1997.
Nous en viendrons maintenant à la détermination algébrique
du Coût du capital, ce qui constitue le seul objectif du présent
article.
II. LES FORMULES DES QUATRE COUTS DU CAPITAL
On comprend intuitivement assez bien que le Coût du capital dépend
du niveau général des taux d'intérêt (rémunération
du temps) auquel s'ajoute une prime (rémunération du risque
de l'investissement considéré : secteur et entreprise).
Quelles que soient les discussions byzantines qui opposent les universitaires
sur la manière de l'évaluer au mieux, nous montrerons qu'une
estimation raisonnable peut être déterminée de façon
relativement aisée sur la base de cette intuition.
Sans méconnaître les réflexions nouvelles du monde
académique sur ce sujet, en particulier l'Arbitrage Pricing Theory
ou le New Equilibrium Theory ou encore la théorie des options,
il n'est pas malsain d'avoir recours au modèle plus ancien du Capital
Asset Pricing Model, connu en France sous le nom de MEDAF Modèle
d'Evaluation (ou d'Equilibre) des Actifs Financiers. Ce dernier modèle
est en effet beaucoup plus simple que tous les autres. Dans un monde où
la notion même du Coût du capital est dans la pratique assez
méconnue, il nous paraît important de l'aborder par la voie
la plus simple afin de permettre au maximum de personnes concernées
de s'initier à cette notion essentielle. Libre aux rares spécialistes
de la question d'approfondir leur réflexion grâce à
des théories plus poussées.
Or le MEDAF donne une vue 'plurielle' du Coût du capital. En fait
il utilise quatre coûts du capital différents. Pour une démonstration
détaillée de ces formules, le lecteur pourra lire avec profit
n'importe quel livre de Finance moderne et notamment The quest for value
de G. Bennett Stewart III chez Harper Collins 1991.
A. LE PREMIER COUT DU CAPITAL : LE COUT DE L'ACTIF ECONOMIQUE
1. COUT DE L'ACTIF ECONOMIQUE
OU CAE :
Avec les notations :
- TSR Taux Sans Risque, rendement d'un investissement dans un actif
à risque nul, pris par définition comme étant les
Bons du Trésor à moyen long terme du pays considéré
; en France, comme les OAT servant de sous-jacent au notionnel du MATIF,
par exemple.
- PRM Prime de Risque du Marché, rendement supplémentaire
d'un investissement dans le portefeuille global de l'ensemble du marché
; souvent pris à 6 %.
- BRI Business Risk Index, indice de risque particulier à l'entreprise
donné par rapport à l'ensemble du marché ; cet indice
caractérise le risque spécifique de cette entreprise compte
tenu d'une part de son secteur industriel ou de services et d'autre part
de ses particularités au sein de ce secteur.
- CAE Coût de l'Actif Economique, rendement nécessaire pour
une juste rémunération du risque pris en investissant dans
l'entreprise considérée, indépendamment du risque
supplémentaire lié à la structure financière
choisie.
On a, pour le Coût de l'Actif Economique, la relation :
CAE = TSR + BRI x PRM.
Le Coût de l'Actif Economique est un coût du capital simplifié,
en ce sens qu'il omet la structure financière de l'entreprise.
Il se place du seul point de vue de l'Actif de l'entreprise, de son secteur
et de ses caractéristiques particulières dans ce secteur.
De manière assez intuitive ici aussi, le Coût de l'Actif
Economique est égal au rendement d'un investissement sans risque
majoré d'une certaine prime de risque. Cette prime de risque dépend
de deux paramètres : la Prime de Risque de Marché qui s'applique
indistinctement à toute entreprise et d'un facteur propre à
l'entreprise compte tenu de ses caractéristiques particulières
et notamment de son secteur.
Le chiffre de 6 % de la Prime de Risque du Marché ne résulte
d'aucun arbitraire. Il provient des statistiques et raisonnements suivants.
Les arbitrages internationaux entre différents marchés tendent
à une égalisation de cette prime de risque 'nationale',
du moins entre pays 'développés' présentant des économies
semblables. Cette prime représente le surcroît de rémunération
sur un investissement en actions d'entreprises d'un pays par rapport à
un investissement en bons du trésor de ce même pays. En effet,
pourquoi un investisseur américain, japonais ou français
obtiendrait-il pour un tel surcroît de rémunération
un montant différent selon que son investissement est aux U.S.A.,
au Japon ou en France ?
Aux U.S.A., depuis la publication en 1976 dans The Journal of Business
de deux articles de Roger G. Ibbotson et Rex A. Sinquefield, et grâce
à la répétition annuelle depuis lors d'études
similaires, cette prime de risque est estimée à environ
6%. La même méthodologie appliquée aux séries
de données françaises donne un chiffre statistiquement non
différent du chiffre américain.
Tant cette constatation statistique que le raisonnement théorique
précédent militent donc en faveur de l'application de ce
chiffre de 6% au cas français. C'est ce que certains analystes
font donc.
Cependant il convient de noter que ces études se basent sur des
statistiques remontant au début de ce siècle. Il est certain
que la même méthodologie appliquée à des périodes
plus récentes donne, tant pour les U.S.A. que pour la France, des
chiffres plus proches de 4%.
Cependant, ces auteurs américains préfèrent la référence
'longue' et nous souscrivons à cette préférence.
En effet, cette prime de risque est destinée à compenser
les risques qui affecteront la rentabilité future des investissements
d'aujourd'hui. Or un investisseur ne sait pas de quoi l'avenir sera fait
et il ne peut donc qu'estimer cette prime.
Cet investisseur peut très bien se dire : <<Si je regarde
les 80 ans passés, tout type d'événement s'est produit
: expansion-récession, inflation-déflation, paix-guerre,
... Or, les 6% mesurés sur cette période m'ont bien compensé
pour les risques subis. La probabilité est faible pour que dans
les x années à venir, il se produise un événement
d'un type nouveau qui ne se soit pas déjà produit sous une
forme analogue dans cette longue période passée. Par contre,
ce serait un pari téméraire que d'exclure a priori pour
les x années à venir tel ou tel risque survenu dans le passé.
La prime de risque bonne dans le passé devrait donc s'avérer
adéquate pour l'avenir aussi.>>.
En prenant 4%, un utilisateur du modèle indique implicitement que,
d'après lui, le raisonnement des investisseurs serait plutôt
le suivant : <<Les x années à venir ressembleront
aux 30 dernières années plutôt qu'aux 80 dernières
années. Je prends donc la prime de risque de cette période
passée réduite pour me couvrir des risques que j'anticipe
pour l'avenir.>>.
Cette opinion est tout aussi respectable que celle à laquelle nous
adhérons. Aucun élément objectif et donc mesurable
n'existe pour dire laquelle de ces deux opinions est plus proche de la
vérité. Il s'agit donc d'une décision de gestion
de l'utilisateur du modèle considéré.
B. LE DEUXIEME COUT DU CAPITAL : LE COUT DE LA DETTE
2. COUT DE LA DETTE OU CND
Si on note :
CBD Coût Brut de la Dette ; en insistant sur le fait qu'il s'agit
d'un taux actuariel pour bien inciter le lecteur à ne pas se laisser
impressionner par les aspects cosmétiques de certains contrats
de dettes financières.
IS le taux d'impôt sur les sociétés
CND Coût Net de la Dette
on a
CND = CBD x (1 - IS)
Le deuxième coût
du capital de l'entreprise est tout simplement le coût de l'endettement
financier.
Comme les intérêts des dettes financières sont déductibles
fiscalement, il faut distinguer entre le coût brut et le net. Seul
le net est pertinent.
Cette notion est suffisamment traditionnelle pour que nous ne nous y attardions
pas plus.
Précisons toutefois qu'il s'agit d'un coût d'opportunité
et non d'un coût historique. Il ne sert à rien de faire la
moyenne pondérée des taux payés par l'entreprise
sur chacun de ses contrats de prêts. Il convient plutôt de
répondre à la question : si l'entreprise devait reconstituer
aujourd'hui la totalité de son endettement, à quel taux
le ferait-elle ?
C. LE TROISIEME COUT DU
CAPITAL : LE COUT DES FONDS PROPRES
3. COUT DES FONDS PROPRES OU CFP
On note, en plus des notations déjà utilisées
:
ERI Equity Risk Index ; traditionnellement appelé bêta ;
nous récusons par avance l'analogie avec cette notion comme le
lecteur le verra plus tard.
Par analogie avec le CAE, on peut donner une formulation de CFP comme
suit :
CFP = TSR + ERI x PRM.
Le Coût des Fonds Propres est le troisième coût
du capital.
Ici encore, le Coût des Fonds Propres est égal au rendement
d'un investissement sans risque plus une prime de risque. Celle-ci est
calculée par référence à la Prime de Risque
du Marché via un coefficient retraçant le risque spécifique
des fonds propres de l'entreprise analysée.
Ce risque n'est autre en première instance que le risque de l'Actif
Economique : selon le principe de Lavoisier (rien ne se crée, rien
ne se perd, tout se transforme), le risque de l'Actif se transfère
au Passif. Il se répartit entre les deux éléments
constituant le Passif de manière inégale. En effet, les
créanciers sont prioritaires sur les actionnaires tant sur les
flux générés par l'Actif que sur le stock monétaire
représenté par l'Actif lors d'une liquidation. En conséquence,
les actionnaires assument un risque non seulement supérieur à
celui des créanciers mais supérieur même à
celui du métier qu'ils entreprennent en raison de la priorité
qu'ils accordent au créancier.
Si l'entreprise est entièrement financée par Fonds Propres,
on conçoit aisément en effet que son Coût des Fonds
Propres ne soit autre que son Coût de l'Actif Economique (la formulation
mathématique serait : CFP = CAE ou encore ERI = BRI lorsque DF
= 0 ou encore AE = FP).
On peut donc écrire de manière plus générale
que le Coût des Fonds Propres est supérieur au Coût
de l'Actif Economique d'une prime de risque due à la structure
financière propre à l'entreprise.
3 bis. IMPACT DE L'EFFET DE LEVIER SUR LE COUT DES FONDS PROPRES
On peut noter :
CFP = CAE + FRP,
FRP Financial Risk Premium, la rémunération supplémentaire
à laquelle ont droit les actionnaires compte tenu du risque plus
grand qu'ils prennent en accordant la priorité aux créanciers.
On peut relier cette notion au classique 'effet de levier' par la formule
(le lecteur nous fera grâce de la démonstration) :
FRP = (1 - IS) x (CAE - CBD) x DF/FP.
|
|
D. LE QUATRIEME COUT DU
CAPITAL : LE COUT MOYEN PONDERE
Comme son nom l'indique, il donne le coût global des ressources
financières de l'entreprise en fonction des proportions utilisées
des deux sources possibles de financement au passif : Fonds Propres ou
Dettes financières. Nous noterons : MPC Moyenne Pondérée
du Coût du capital ; c'est le WACC ou Weighted Average Cost of Capital
bien connu des anglo-saxons ou des étudiants d'écoles de
commerce.
Pour tenir compte de la déductibilité des intérêts
sur la Dette financière et de la nécessaire égalité
bilantielle, on peut aussi donner une seconde formulation mathématique
de ce même élément, vu du côté de l'actif
cette fois ci. Cette autre formulation permet de dégager une conclusion
opérationnelle très importante. A Coût de l'Actif
Economique égal, une même entreprise verra son Coût
du capital décroître en fonction de son recours accru à
l'endettement grâce à la subvention que lui offre la collectivité
nationale en lui autorisant la déduction des intérêts
de son résultat imposable.
Cette formulation permet de répondre au moins partiellement à
la question de la structure financière optimale : du seul point
de vue de la notion de Coût du capital, la structure financière
optimale est celle qui incorpore le montant de capital-action symbolique
minimum et le montant de capital-dette maximum. Il est clair que d'autres
points de vue doivent être pris en considération comme la
notion de solvabilité. Nous ne traiterons pas ici ces autres points
de vue. Les entreprises françaises qui n'ont eu de cesse ces dernières
années de réduire leur endettement ont ainsi pris des décisions
contraires à leur intérêt de ce point de vue. Les
entreprises françaises qui ces temps derniers ont pris la décision
de racheter leurs propres actions agissent dans la bonne direction, du
moins du point de vue de leur Coût du capital.
4. MOYENNE PONDEREE DU COUT DU CAPITAL OU MPC
Selon la première
formulation, on a :
MPC = CFP x FP/AE + CND x DF/AE
et selon la seconde formulation :
MPC = CAE x (1 - IS x DF/AE).
Voici donc le quatrième coût du capital. C'est en fait le
seul important. Tous les précédents ne sont que des constituants
de ce dernier. Sauf précision contraire, le terme 'Coût du
capital' fera référence à cette dernière notion
MPC dans sa seconde formulation.
III. PRATIQUE DU CALCUL DU COUT DU CAPITAL
Pour déterminer le Coût du capital, il est important de mesurer
en premier lieu le Coût de l'Actif Economique. En effet, cet élément
tient compte uniquement de ce qui définit l'entreprise, à
savoir son actif. De plus, le Coût du capital, dans sa seconde formulation,
peut être calculé pour n'importe quelle entreprise même
non cotée ou pour n'importe quelle subdivision d'entreprise cotée.
La première formulation du Coût du capital demande, quant
à elle, de connaître le Coût des Fonds Propres et donc
leur indice de risque. Or cet indice de risque ne peut être déterminé
que par des méthodes statistiques appliquées à des
données publiques donc de sociétés cotées.
Ceci constitue une limitation importante. Ensuite, ces méthodes
statistiques appliquées à une entreprise particulière
donnent des résultats sujets à caution. Les spécialistes
intéressés connaissent les polémiques que suscite
le bêta. De plus, les ordres de grandeur auxquels les niveaux d'endettement
constatés dans la pratique des affaires arrivent, ne permettent
pas de donner aux utilisateurs de ce modèle les réflexes
nécessaires à la manipulation des indices de risque pour
ces niveaux d'endettement très élevés.
Par contre, la seconde formulation du Coût du capital demande de
connaître l'indice de risque afin de déterminer le Coût
de l'Actif Economique. Cet indice de risque peut être déterminé
par une méthode statistique. Pour cela, il est nécessaire
de travailler sur de larges échantillons d'entreprises cotées
d'un même secteur et sur une liste de secteurs (environ 50). Après
élimination de divers biais statistiques et erreurs ou incertitudes
de mesure, on peut déduire de leur indice de risque des fonds propres,
leur indice de risque sous-jacent en 'extrayant' l'impact de leur endettement
particulier et en arrivant ainsi à cette situation idéale
limite de l'entreprise entièrement financée par Fonds Propres.
Un traitement statistique ultérieur (analyse en composantes principales)
permet d'affecter la différence entre l'indice de risque réel
d'une entreprise et l'indice de risque moyen de son secteur à des
éléments bilantiels. Dériver ces éléments
constitutifs de l'indice de risque ne procède donc d'aucun jugement
de valeur a priori mais seulement d'une lecture approfondie et détaillée
de la réalité des marchés a posteriori.
Après élimination des éléments insignifiants,
on constate que les éléments bilantiels significatifs dans
l'indice de risque sont environ une trentaine et qu'ils peuvent être
regroupée en quatre catégories : opérations, stratégie,
gestion des actifs, taille et diversité.
- Le risque des opérations provient de la variabilité des
rendements sur Actif Economique obtenus sur la durée d'un cycle
économique. Plus grande cette variabilité par rapport à
la moyenne du secteur et plus grand sera l'indice de risque.
- Le risque stratégique provient de la croissance et de son rendement.
Plus grand est le rendement ainsi que plus grande est la croissance et
plus grand sera l'indice de risque. En effet, le risque pris par les investisseurs
s'accroît en raison des incertitudes qui pèsent sur l'accomplissement
effectif des promesses contenues dans cette croissance ou ces rendements
élevés.
- Le risque lié à la gestion des actifs se subdivise lui-même
en quatre : besoin en fonds de roulement, intensité capitalistique,
ancienneté des actifs, durée de vie des actifs.
. Etre capable de maintenir un niveau de besoin en fonds de roulement
stable et peu élevé démontre une capacité
de gestion supérieure. Cela constitue un signe de risque inférieur
à la moyenne.
. Les entreprises ayant des immobilisations corporelles importantes sont
moins risquées car elles ont, en règle générale,
des positions dominantes et des coûts de production réduits.
. Plus l'ancienneté des actifs est réduite et moins élevé
est le risque. En effet les usines anciennes ont des coûts d'opération
plus élevés. Elles devraient en toute logique être
utilisées en dernier recours après que les usines à
coût d'opération moins élevés ont été
utilisées au maximum de leur capacité (réciproquement
arrêtées en premier lieu dès qu'il y a une baisse
de l'activité). Elles contribuent donc à accroître
le caractère cyclique de cette activité.
. Une durée de vie des actifs plus courte est synonyme de risque
plus élevé. En effet le remplacement plus fréquent
des actifs accroît les incertitudes.
- La question de la taille et de la diversité est simplement l'application
simple à ce phénomène de la notion de diversification.
Une entreprise de grande taille est plus à même d'absorber
des chocs quels qu'ils soient. Elle est aussi en général
plus ancienne et elle a donc a priori plus d'expérience. La diversité
internationale contribue à la diminution du risque car elle réduit
la dépendance des facteurs conjoncturels inhérents à
un pays donné.
Ainsi mesurer l'indice de
risque d'une entreprise donnée (certainement non cotée)
revient à :
1. assigner cette entreprise à un secteur parmi la cinquantaine
mis en évidence,
2. déterminer 'les plus ou les moins' de risque apportés
par ses caractéristiques bilantielles propres en les comparant
aux moyennes de son secteur sur la base des critères indiqués
ci-dessus,
3. ajouter ou soustraire ces résultats partiels à
l'indice de risque sectoriel moyen.
Des logiciels permettent ce
genre de calcul car ils intègrent les résultats de la recherche
statistique indiquée, que ce soit en termes de distinction sectorielle
ou en termes d'analyse des caractéristiques particulières
d'une entreprise donnée au sein de son secteur.
Ainsi, il y a quelques années, l'indice de risque (BRI) du secteur
industriel 'ordinateurs' était de 0,8. Compte tenu des caractéristiques
propres à leur exploitation respective (hors question d'endettement
donc), l'indice de risque de IBM était de 0,7 et celui de Apple
de 1,4. C'est ainsi qu'à l'époque, on pouvait dire que Apple
était deux fois plus risquée que IBM.
L'indice de risque étant déterminé, et puisqu'on
connaît le Taux Sans Risque et la Prime de Risque du Marché,
on peut calculer le Coût de l'Actif Economique grâce à
la Formule 1. Connaissant le Coût de l'Actif Economique, et connaissant
le taux d'imposition ainsi que la structure financière de l'entreprise
c'est-à-dire le ratio des dettes à l'Actif Economique, on
peut calculer le Coût du capital grâce à la Formule
4 dans sa seconde formulation.
Grâce à la seconde formulation de la Moyenne Pondérée
du Coût du capital (Formule 4), on peut calculer l'impact de la
décision de financement sur le Coût du capital. Différents
ratios d'endettement donneront différents Coûts du capital
en raison du seul avantage fiscal lié à la dette et sans
avoir à connaître le coût individuel de chacune des
sources de financement (dettes ou Fonds Propres) ayant servi à
constituer l'Actif Economique de l'entreprise.
Connaissant le Coût du Capital et le Coût Net de la Dette
(Formule 2), on peut, grâce à la première formulation
de la Moyenne Pondérée du Coût du capital (Formule
4), calculer le Coût des Fonds Propres, même dans le cas d'une
société non cotée ou d'une subdivision d'une entreprise
cotée. Grâce aux Formules 3 et 3 bis, on peut déduire
l'indice de risque des Fonds Propres (ERI) et la prime de risque financière
(FRP).
Le tout peut être réalisé très simplement en
ayant seulement recours aux comptes de l'entreprise étudiée
sur cinq ans (historique et/ou projection) afin d'accéder aux résultats
de la recherche statistique décrite ci-dessus pour la détermination
de l'indice de risque.
IV. RESULTATS NUMERIQUES DU COUT DU CAPITAL
Le Coût de la Dette est assez facile à estimer à un
instant donné pour un professionnel de la finance un tant soit
peu connaisseur de l'entreprise analysée et de son secteur. Dans
les pays où il existe un marché des dettes assez développé
la référence au prix constaté sur ce marché
permet de déterminer cet élément même pour
une entreprise dont la dette n'est pas négociable.
Du moins le Coût de la Dette est facile à estimer pour des
ratios d'endettement 'raisonnables' ou 'traditionnels'. Au-delà,
cette estimation présente plus de difficultés. En effet,
le seul élément de raisonnement dont on dispose est le suivant.
S'il était possible d'avoir une entreprise financée exclusivement
par de l'endettement (sans fonds propres aucuns donc), le Coût de
la Dette serait nécessairement égal au Coût de l'Actif
Economique. Les créanciers prennent en effet dans cette situation
la totalité du risque de l'entreprise. La question est donc de
savoir comment dans la pratique le Coût de la Dette converge vers
le Coût de l'Actif Economique.
La marge du Coût de la Dette au-dessus du Taux Sans Risque croît
à partir d'un niveau initial (soit CBD = TSR + marge). Cette marge
initiale dépendra du secteur et de la taille de l'entreprise. Il
donnera pour le premier franc de dette son coût au-dessus du taux
des bons du Trésor de même durée. A la limite lorsque
l'Actif Economique de l'entreprise tend à être financé
exclusivement par de la dette, cette marge doit être telle que le
Coût Brut de la Dette égale le Coût de l'Actif Economique
(soit marge limite = CAE - TSR).
Dans les tableaux suivants et graphiques y relatifs, nous faisons l'hypothèse
que nous croyons assez réaliste qui consiste à dire que
ce spread croît comme une fonction polynomiale du ratio d'endettement.
Soit en termes mathématiques : marge = f<(DF/AE)^n>. n est
le facteur de convergence. n = 1 donne une convergence linéaire,
c'est-à-dire que la courbe de CBD serait la droite reliant TSR
+ marge initiale à CAE. Plus n augmente et plus la concavité
de la courbe CBD augmente (plus la courbe sera aplatie au niveau des ratios
d'endettement proches de 0 pour croître rapidement au niveau des
ratios d'endettement proches de 1).
Les facteurs de convergence 2 ou 3, montrés dans les tableaux et
graphiques suivants, donnent pour cette marge des formes de courbes qui
nous paraissent 'sympathiques', en fonction de notre expérience
de banque commerciale. Par ailleurs, on retrouve des ordres de grandeur
cohérents avec les marchés de la dette tels qu'ils existent
aux U.S.A. où les systèmes de notation de la dette sont
très usités et où il existe un marché actif
de dette à fort risque (junk bonds). De plus, avec ces facteurs
de convergence, les niveaux auxquels on arrive pour le Coût des
Fonds Propres nous paraissent correspondre à une certaine réalité
du marché du capital risque.
Dans ces tableaux et graphiques, nous calculons et illustrons les quatre
coûts du capital décrits dans le présent article pour
différents niveaux d'endettement. Nous considérons donc
de manière fixe les autres paramètres des calculs : taux
sans risque TSR = 5%, indice de risque BRI = 1,5 (une entreprise plutôt
assez risquée donc), prime de risque de marché PRM = 6%,
taux d'imposition IS = 33%. Ces paramètres donnent donc un Coût
de l'Actif Economique de 14% (rappelons-le, ce coût est indépendant
de l'endettement ; il ne dépend que de l'exploitation). Nous prenons
par ailleurs comme hypothèse que cette entreprise paierait sur
ses crédits dès le premier franc d'endettement une marge
sur le taux sans risque égale à 0,5% (relativement élevée,
ce qui est cohérent avec le niveau élevé de l'indice
de risque).
Nous faisons ensuite croître cette marge vers le niveau qui va égaler
le Coût Brut de la Dette CBD avec le Coût de l'Actif Economique
pour un niveau d'endettement de 100%, ou encore pour un niveau de Fonds
Propres symbolique. Cette croissance est réalisée pour deux
facteurs de convergence, n = 2 et n = 3, comme nous l'avons indiqué
plus haut.
On en déduit alors automatiquement, tous les autres coûts
du capital, les Coûts Brut et Net de la Dette CBD et CND, la Moyenne
Pondérée du Coût du capital MPC, le Coût des
Fonds Propres CFP, grâce aux formules exposées dans la deuxième
partie du présent article et selon la méthode pratique énoncée
dans la troisième partie du présent article. On en déduit
aussi la prime de risque financier, c'est-à-dire le surcroît
de rémunération que sont en droit d'attendre les actionnaires
pour les rémunérer du supplément de risque qu'ils
prennent en acceptant d'endetter l'entreprise et donc en acceptant que
des créanciers les précèdent en priorité sur
les flux et les stocks monétaires de l'entreprise. Comme on le
constatera, cette prime devient assez rapidement substantielle.
Nous sommes persuadé que de nombreux lecteurs seront surpris par
ces ordres de grandeurs, car ils sont bien supérieurs aux niveaux
traditionnellement utilisés dans les entreprises, même dans
les rares entreprises qui maîtrisent bien les concepts énoncés
dans le présent article.
(INSERER ICI TABLEAUX ET GRAPHIQUES)
Le point important démontré par ces formules et ces courbes
est que le Coût des Fonds Propres tend vers une limite élevée
(certes, mais finie néanmoins). Dans certaines hypothèses,
cette limite peut être calculée numériquement à
défaut d'en donner une formulation algébrique.
Par ailleurs, la pratique du monde des affaires pour calculer le Coût
du capital est d'utiliser la première formulation. Or les praticiens
ont du mal à admettre la très forte progressivité
du Coût des Fonds Propres avec le ratio d'endettement. Les entreprises
françaises ont souvent un ratio d'endettement assez élevé,
et en tout état de cause plus élevé que leurs homologues
internationaux et notamment anglo-saxons. En conséquence, on utilise
souvent des Coûts du capital et notamment des Coûts des Fonds
Propres notoirement sous-évalués par rapport aux réalités
des marchés. Avec toutes les conséquences désastreuses
que ceci peut avoir sur la santé des entreprises françaises
et de l'économie de la France plus généralement.
L'article de L'EXPANSION référencé ci-dessus indique,
pour l'année 1996, et pour les 200 entreprises de l'échantillon
analysé, des Coûts du capital variant de plus du simple au
double, entre :
- environ 7,4% pour l'entreprise au Coût du capital le plus faible
en raison d'un secteur faiblement risqué et d'un endettement très
élevé, et
- environ 15,6% pour l'entreprise au Coût du capital le plus élevé
en raison d'un secteur assez risqué et d'un endettement très
faible, et avec
- 80% de l'échantillon compris entre 9,3% et 13,0% en partant d'un
taux sans risque TSR = 6,38%.
L'entreprise étudiée
dans les tableaux et les graphes joints se situe donc (volontairement)
dans la limite supérieure de l'intervalle composé par l'échantillon
traité pour L'EXPANSION en 1996 alors même que nous avons
utilisé un taux sans risque plus conforme au niveau actuel du marché
français. Il donne donc des ordres de grandeur qui sont plutôt
des limites supérieures. Mais ces ordres de grandeur sont certainement
très applicables à bon nombre de sociétés
françaises puisque, rappelons-le, l'échantillon de L'EXPANSION
est composé des 200 premières capitalisations boursières
industrielles françaises.
On conviendra qu'il est important pour les dirigeants d'une entreprise,
confrontés à un intervalle d'une telle amplitude, de savoir
où se situe le Coût du capital de l'entreprise qui leur a
été confiée en gestion.
V. CONCLUSION
En premier lieu, cet article a réaffirmé la nécessité
d'avoir toujours présente à l'esprit la notion de Coût
du capital. Si on veut réellement pratiquer le gouvernement d'entreprise
(et non pas seulement en parler), on doit obligatoirement faire référence
à la notion de Coût du capital. L'utilisation de cette notion
ne doit d'ailleurs pas être réduite à la seule question
de la mesure d'une performance économique. Mais la Mesure de la
performance économique ainsi calculée doit aussi servir
de système de Management de l'entreprise et de Motivation de ses
dirigeants et son personnel via des rémunérations incitatives
afin de déboucher sur une Mentalité de progrès.
Puis, cet article a donné une formulation algébrique des
quatre coûts du capital que l'on est obligé d'utiliser dans
la pratique des affaires. En particulier il s'est penché sur la
notion de prime de risque de marché entre les actions et les obligations.
Il a établi les différentes relations entre les quatre coûts
du capital en particulier en fonction de la structure financière
(ratio d'endettement) de l'entreprise. Il a mis en lumière les
avantages liés à l'endettement du point de vue du Coût
du capital.
Ensuite, cet article a donné une procédure opérationnelle
en quelques étapes séquentielles pour déterminer
la valeur numérique de ces différents coûts du capital
pour tout type d'entreprise. L'intérêt de cette procédure
est qu'elle permet d'éviter un certain nombre d'écueils
statistiques sur lesquels trébuchent traditionnellement les praticiens.
Cette procédure donne des angles de vision novateurs sur la notion
de prime de risque liée à une entreprise.
Enfin, cet article a donné certains résultats de calcul
numérique pour donner les ordres de grandeur des chiffres que l'on
constate dans la pratique des affaires. Ici encore, certaines erreurs
traditionnelles peuvent être évitées.
Pour terminer, qu'il nous soit permis de citer Keynes : <<Je préfère
avoir vaguement raison plutôt qu'avoir tort avec précision>>.
Le Coût du capital est une notion trop importante pour ne pas l'utiliser
sous prétexte que le résultat de son calcul souffre de certaines
petites imprécisions.
Considérer un résultat économique qui se distingue
d'un résultat comptable, en particulier par la référence
au Coût du capital, constitue une évolution dans la gestion
des entreprises d'une importance telle et présentant des avantages
tels que les imprécisions pratiques de calcul du Coût du
capital sont totalement secondaires. Surtout quand on les connaît
et donc qu'on sait les utiliser à son avantage. Surtout enfin quand
on raisonne en tendance, c'est-à-dire en variation du résultat
économique d'une année sur l'autre.
|